L'Afrique du Sud organise des manœuvres navales avec la Russie la Chine et l'Iran



Jusqu'au 16 janvier, l'Afrique du Sud est l'hôte d'un exercice naval militaire conjoint réunissant des navires de guerre russes, chinois et iraniens, membres de l'alliance des BRICS+. D'autres pays du bloc, comme l'Indonésie, l'Éthiopie et le Brésil, envoient des observateurs, tandis que les Émirats arabes unis pourraient également dépêcher des navires.
Officiellement baptisé « Volonté de paix » et mené par la Chine, l'exercice vise à « assurer la sécurité du transport maritime », selon l'armée sud-africaine, qui précise que sa planification a débuté en 2025.
Ces manœuvres interviennent dans un climat de tensions géopolitiques élevées, notamment suite à une opération militaire américaine à Caracas ayant conduit à l'enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro.
La décision de Pretoria d'accueillir la Russie et l'Iran, deux pays sous sanctions américaines, a provoqué la colère de Washington et est perçue comme un défi. Les relations entre les États-Unis et l'Afrique du Sud étaient déjà dégradées, Washington ayant critiqué la plainte sud-africaine pour « génocide » contre Israël devant la Cour internationale de justice et imposé des droits de douane. Selon un chercheur de l'Institut d'études sur la sécurité de Pretoria, les États-Unis pourraient utiliser cet exercice comme un prétexte pour réviser leurs relations bilatérales.
La décision de tenir ces exercices ne fait pas l'unanimité en Afrique du Sud. L'Alliance démocratique (DA), parti membre de la coalition gouvernementale, a dénoncé une initiative qui « contredit la neutralité » du pays et « nuit à sa réputation internationale ». Le ministère de la Défense sud-africain a toutefois écarté tout lien avec la situation au Venezuela.
Ce rapprochement militaire s'inscrit dans un contexte plus large de « retour du réel » et des rapports de force dans les relations internationales, illustré par une politique étrangère américaine sous l'administration Trump jugée plus brutalement réaliste et interventionniste.

















