Reza Pahlavi appelle à occuper les centres-villes en Iran alors que la contestation contre le régime s'intensifie



L'Iran fait face à un vaste mouvement de contestation qui dure depuis treize jours.
Initiées le 28 décembre en raison de la hausse du coût de la vie et de la crise économique, les manifestations ont rapidement pris une tournure politique, les protestataires réclamant désormais la chute de la République islamique en place depuis 1979 et scandant des slogans hostiles au guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. Le mouvement s'est propagé depuis le bazar de Téhéran à de nombreuses villes à travers le pays. Figure de l'opposition en exil aux États-Unis, le fils du Chah déchu, Reza Pahlavi, 65 ans, a appelé les Iraniens à occuper durablement les centres-villes et à mener une « grève nationale » dans les secteurs clés de l'économie.
Saluant la mobilisation massive, il a annoncé se « préparer à rentrer » au pays au « moment de la victoire », qu'il estime « très proche ». Il a également lancé un appel au président américain Donald Trump pour qu'il intervienne.
Ce dernier a menacé de « frapper très fort » le régime en cas de répression meurtrière, tout en jugeant prématuré que Reza Pahlavi endosse un rôle de dirigeant.
Face à cette contestation, le régime iranien a durci sa réponse.
L'ayatollah Khamenei a qualifié les manifestants de « vandales » et de « saboteurs », affirmant que le pouvoir ne « reculera pas ». Les Gardiens de la révolution ont promis de protéger la Révolution islamique et le pouvoir judiciaire a menacé les « émeutiers » d'une punition « maximale ». Les autorités ont imposé une coupure quasi totale d'internet sur l'ensemble du territoire depuis plus de 36 heures, suscitant les craintes d'ONG et de la lauréate du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi, qui redoutent un « massacre » à huis clos. Selon l'ONG Iran Human Rights, la répression a déjà fait au moins 51 morts, dont neuf enfants, et des centaines de blessés.
La communauté internationale a vivement réagi : les dirigeants français, allemand et britannique ont condamné « le meurtre de manifestants », tandis que l'ONU a réclamé une enquête indépendante. Le gouvernement iranien, de son côté, accuse les États-Unis et Israël d'ingérence.

















