L'absence de compromis entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire (CMP) sur le projet de loi de finances pour 2026 plonge le pays dans une incertitude budgétaire majeure. Cet échec rend impossible l'adoption d'un budget avant la fin de l'année et contraint le gouvernement à envisager des solutions exceptionnelles. La réunion de sept députés et sept sénateurs, qui visait à trouver un terrain d'entente sur le budget de l'État, s'est rapidement soldée par un constat de désaccord. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a pris acte de cet échec et a regretté « l'absence de volonté des parlementaires ». En réponse, des figures de l'opposition, comme le rapporteur général du budget au Sénat Jean-François Husson (LR), ont accusé le gouvernement de ne pas avoir « souhaité que notre CMP soit conclusive ». Cette impasse politique contraint l'exécutif à se tourner vers une « loi spéciale », un texte qui permettrait de reconduire a minima le budget de 2025 en 2026 pour assurer la continuité de l'État.
Cependant, cette solution est vivement critiquée pour ses conséquences économiques.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a alerté qu'une telle loi, qui « ne comporte pas de mesures d'économies » ni « aucune mesure fiscale », conduirait à un « déficit nettement supérieur à ce qui est souhaitable ». Il a estimé qu'« au-delà de 5 % de déficit, la France se mettrait en danger ». Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, avait déjà jugé qu'un déficit de 5,3 %, tel que prévu dans la version du Sénat, « ne passe pas ». L'échec de la CMP met donc en lumière non seulement la fragilité de l'équilibre politique mais aussi les risques importants qui pèsent sur les finances publiques françaises.
En résuméL'échec de la commission mixte paritaire sur le budget 2026 illustre une profonde crise politique, forçant le gouvernement à recourir à une loi spéciale qui risque d'aggraver le déficit public. Les avertissements de la Banque de France soulignent les dangers économiques de cette impasse, tandis que les accusations mutuelles entre l'exécutif et le Parlement témoignent de la difficulté à trouver un consensus sur la trajectoire budgétaire du pays.