Cette situation met en lumière les profondes divisions politiques et soulève des inquiétudes quant à la stabilité des finances publiques et la mise en œuvre des réformes. Le constat d'échec de la commission mixte paritaire (CMP), qui réunissait députés et sénateurs, a rendu impossible l'adoption d'un budget avant la date butoir du 31 décembre.
Face à ce blocage, le Premier ministre Sébastien Lecornu a entamé des consultations avec les forces politiques pour trouver une issue.
La solution privilégiée à court terme est une loi spéciale, qualifiée de "rustine" ou de "service minimum" par la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin. Ce texte minimaliste permettrait à l'État de continuer à percevoir les impôts et à engager des dépenses sur la base du budget de 2025, évitant ainsi un "shutdown" à la française. Cependant, cette mesure transitoire gèle toute nouvelle dépense ou mesure fiscale, impactant notamment les crédits prévus pour la défense et risquant, selon le ministère de l'Économie, d'entraîner une hausse d'impôt sur le revenu pour environ 200 000 ménages.
Des figures économiques de premier plan ont exprimé leurs préoccupations. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a averti qu'une telle loi, dépourvue de "mesures d'économie", conduirait à un "déficit nettement supérieur à ce qui est souhaitable". De son côté, le ministre de l'Économie Roland Lescure s'est alarmé de voir le déficit atteindre 5,3 % du PIB, un niveau jugé "inacceptable".












