La Roumanie et la Bulgarie sont engagées dans une course contre la montre pour éviter la fermeture de leurs raffineries de pétrole critiques, détenues par des entreprises russes, avant l'entrée en vigueur de sanctions américaines ce mois-ci, tandis que la Hongrie a négocié une exemption. La décision de Washington de sanctionner les géants pétroliers russes Lukoil et Rosneft à partir du 21 novembre a provoqué une onde de choc dans les pays de l'UE où ces entreprises opèrent. En Bulgarie, où la raffinerie de Burgas, propriété de Lukoil, fournit jusqu'à 80 % des besoins en carburant du pays, les législateurs ont approuvé une loi permettant au gouvernement de prendre le contrôle opérationnel de l'installation, voire de la nationaliser. La Roumanie, où la raffinerie Petrotel de Lukoil représente environ 20 % de l'approvisionnement national, envisage de demander une prolongation des sanctions et considère la nationalisation comme une "dernière option". L'Allemagne a obtenu une exemption de six mois pour sa raffinerie de Schwedt, propriété de Rosneft.
Dans ce contexte, la Hongrie se distingue.
Le Premier ministre Viktor Orbán s'est rendu à Washington pour obtenir une dérogation, arguant que son pays, enclavé, dépend des oléoducs russes.
Le président américain Donald Trump a confirmé examiner cette demande, déclarant : "C'est très difficile pour [la Hongrie] d'obtenir du pétrole et du gaz d'autres régions".
Cette approche pragmatique de Washington envers Budapest contraste avec la pression exercée sur d'autres alliés, illustrant les complexités de la politique de sanctions et les différentes réalités énergétiques au sein de l'UE.
En résuméLes sanctions américaines contre les géants pétroliers russes Lukoil et Rosneft créent une situation d'urgence pour plusieurs États membres de l'UE. La Bulgarie et la Roumanie envisagent des mesures drastiques, y compris la nationalisation, pour maintenir leurs raffineries en activité. Parallèlement, la Hongrie, très dépendante du pétrole russe acheminé par oléoduc, a obtenu une exemption de Washington, illustrant les divisions et les défis énergétiques auxquels l'UE est confrontée dans sa politique de sanctions contre la Russie.