Le dernier rapport d'élargissement de la Commission européenne dresse un bilan mitigé, saluant les réformes en Moldavie, en Albanie et au Monténégro, tout en exprimant des inquiétudes sur le recul démocratique en Géorgie, le ralentissement de la Serbie et les défis de la lutte anticorruption en Ukraine. La commissaire à l'élargissement, Marta Kos, a présenté un tableau nuancé de l'état d'avancement des pays candidats. Le Monténégro, l'Albanie, l'Ukraine et la Moldavie sont les mieux notés, avec des objectifs de finalisation des négociations d'adhésion fixés entre fin 2026 et 2028.
La Moldavie est particulièrement félicitée pour avoir "progressé à une vitesse accélérée" malgré les menaces hybrides russes.
Concernant l'Ukraine, si son engagement sur la voie de l'UE est salué, Bruxelles a mis en garde contre "tout risque de recul, en particulier en matière de lutte contre la corruption", faisant référence à une controverse estivale sur l'indépendance des agences anticorruption.
Le rapport est nettement plus critique envers d'autres candidats.
En Serbie, "le rythme réel de mise en œuvre des réformes a considérablement ralenti", malgré les déclarations pro-européennes de ses dirigeants.
Mais les termes les plus durs sont réservés à la Géorgie, où "la situation s'est fortement détériorée, avec un grave recul démocratique". La Commission considère que la Géorgie n'est plus qu'un "pays candidat de nom uniquement". Ce bilan illustre la stratégie de l'UE d'utiliser l'élargissement comme un outil géopolitique face à l'influence russe, tout en maintenant des exigences strictes en matière d'État de droit et de démocratie.
En résuméLe processus d'élargissement de l'UE révèle une dynamique à plusieurs vitesses. Alors que des pays comme la Moldavie et le Monténégro progressent, l'UE s'inquiète des réformes en Ukraine, du ralentissement de la Serbie et surtout du 'grave recul démocratique' en Géorgie. Ce rapport souligne que si l'élargissement est un outil géopolitique, l'adhésion reste conditionnée au respect des valeurs fondamentales de l'Union, créant une tension entre impératifs stratégiques et exigences normatives.