Avec effet immédiat, les ressortissants russes devront en règle générale demander un nouveau visa à entrée unique pour chaque voyage dans l'espace Schengen.

La Commission européenne a justifié cette décision par la nécessité de permettre "un examen attentif et fréquent des demandeurs afin d'atténuer tout risque potentiel pour la sécurité". La cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, a été plus directe, liant les nouvelles règles aux "perturbations continues par drones et au sabotage sur le sol européen" et déclarant : "Voyager dans l'UE est un privilège, pas un droit acquis". Depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022, l'UE avait déjà suspendu un accord de facilitation des visas, faisant chuter le nombre de permis accordés de 4 millions par an à environ 500 000. Cependant, une augmentation de 10 % des entrées a été observée en 2024 par rapport à 2023, certains pays comme la Hongrie, la France, l'Espagne et l'Italie continuant d'approuver des visas en grand nombre. La délivrance de visas restant une compétence nationale, l'application des nouvelles directives dépendra des États membres. Des exceptions limitées sont prévues pour des raisons humanitaires, pour les membres de la famille proche de citoyens de l'UE, ainsi que pour les dissidents et journalistes indépendants. Cette politique a suscité des critiques de la part de l'opposition russe en exil, comme Yulia Navalnaya et Mikhaïl Khodorkovski, qui estiment qu'elle pénalise les "Russes ordinaires" et envoie un message démoralisant à ceux qui s'opposent au régime de Poutine.