À l'approche de la COP30, l'UE se retrouve dans une position délicate, privée de son allié américain pour faire contrepoids à Pékin, tout en étant elle-même la cible de critiques chinoises sur sa propre politique environnementale. Sur le plan climatique, l'UE a été déçue par les nouveaux objectifs de réduction d'émissions de la Chine, qualifiés de "clairement décevants" par le commissaire Wopke Hoekstra. Pékin a répliqué en accusant l'UE de "deux poids, deux mesures" et d'hypocrisie, soulignant le propre affaiblissement des politiques vertes européennes sous la pression de l'extrême droite et de l'industrie. Un fonctionnaire de l'UE a même rapporté une réunion où les responsables chinois ont qualifié de "honteux" le retour en arrière de l'UE sur ses engagements climatiques. L'absence des États-Unis à la COP30 complique la tâche de l'UE, qui doit désormais assumer seule le rôle du "méchant flic" pour pousser la Chine à plus d'ambition. Les tensions commerciales exacerbent la situation.

La taxe carbone aux frontières de l'UE (CBAM) est perçue par Pékin comme une mesure protectionniste.

Un diplomate européen a qualifié le CBAM d'"éléphant dans la pièce" entre les deux blocs, susceptible de faire dérailler les négociations. Parallèlement, l'UE s'inquiète de la domination chinoise sur les technologies vertes, subventionnées par l'État, qui concurrencent l'industrie européenne. Malgré ces frictions, une coopération a été observée sur certains dossiers, comme l'accord de la Chine pour reprendre les livraisons de puces de l'entreprise Nexperia, cruciales pour le secteur automobile européen.

Néanmoins, le ton général reste à la méfiance, l'UE considérant la Chine comme un partenaire commercial majeur qui ne partage pas ses analyses géopolitiques et soutient la Russie.