La Commission européenne a proposé un plan audacieux pour financer l'Ukraine en utilisant les avoirs de l'État russe gelés sur le territoire de l'Union. Ce projet de "prêt de réparation" de 165 milliards d'euros se heurte cependant à la vive résistance de la Belgique, où est détenue la majorité de ces fonds. Le plan de la Commission européenne, présenté par la présidente Ursula von der Leyen, vise à fournir un soutien financier substantiel à l'Ukraine pour 2026 et 2027, alors que les caisses de Kiev devraient être vides en avril. Le cœur de la proposition est un prêt de 165 milliards d'euros, garanti par la valeur des avoirs russes gelés, dont 140 milliards détenus par le dépositaire Euroclear, basé à Bruxelles.
Ce mécanisme est juridiquement complexe et politiquement sensible.
Le gouvernement belge, dirigé par Bart De Wever, constitue le principal obstacle, craignant des représailles judiciaires russes et l'instabilité financière potentielle que cela pourrait causer à Euroclear et au marché européen.
La Belgique exige des garanties financières solides de la part des autres capitales de l'UE, décrites par certains diplomates comme un "chèque en blanc", pour couvrir toute perte potentielle si Moscou parvenait à récupérer les fonds. Valérie Urbain, PDG d'Euroclear, a également mis en garde contre les risques, suggérant que les actifs seraient mieux utilisés comme "monnaie d'échange" dans les négociations de paix.
Pour surmonter ces obstacles, la Commission élabore une "solution juridique" utilisant l'article 122 du traité de l'UE.
Cela permettrait d'approuver le renouvellement des sanctions à la majorité qualifiée plutôt qu'à l'unanimité, neutralisant ainsi un éventuel veto d'un pays pro-russe comme la Hongrie et rassurant la Belgique.
En résuméLa proposition de l'UE d'utiliser les avoirs russes gelés pour un prêt massif à l'Ukraine est une initiative financièrement et politiquement novatrice. Cependant, sa mise en œuvre est suspendue à la résolution des profondes inquiétudes de la Belgique, qui craint les répercussions juridiques et financières et exige des garanties solides de la part de ses partenaires européens.