Cet échec a contraint le bloc à opter pour un prêt, révélant les complexités juridiques et les divisions politiques sur ce sujet explosif.

La proposition, portée notamment par le chancelier allemand Friedrich Merz, visait à réaffecter 200 milliards de dollars d'actifs russes saisis sous forme de prêt à l'Ukraine. Cette mesure aurait eu une portée symbolique et financière considérable, faisant directement payer à la Russie le coût de son agression. Cependant, l'initiative s'est heurtée à une forte opposition de la part de plusieurs États membres, dont la Belgique et l'Italie, qui ont exprimé des craintes quant à la légalité d'une telle saisie et aux risques de représailles économiques et juridiques.

Le président russe Vladimir Poutine avait d'ailleurs mis en garde contre de "lourdes conséquences" si l'Europe venait à toucher à ces fonds.

L'échec des Vingt-Sept à trouver une position unanime a été perçu comme une défaite politique pour l'Europe et une victoire pour le Kremlin.

Face à ce blocage, les dirigeants européens se sont résignés à financer l'Ukraine par un emprunt commun, une solution plus conventionnelle mais qui ne fait pas porter le fardeau financier à l'agresseur.

Le débat sur les avoirs russes est donc remis à plus tard, mais il illustre les difficultés de l'UE à prendre des décisions audacieuses et unanimes en matière de politique étrangère, même dans un contexte de guerre à ses portes.